Lime de Tahiti, citron caviar, sudachi du Japon… au bonheur des agrumes

Lime de Tahiti, citron caviar, sudachi du Japon… au bonheur des agrumes

A la quarantaine, après une première partie de vie professionnelle réussie dans le secteur des maisons de retraite, ce fils d’un Marocain et d’une Franco-Vénitienne passé par les grandes écoles parisiennes a voulu renouer avec ses racines marocaines. Son grand-père paternel avait participé à la plantation des grandes fermes d’oliviers du nord du Maroc (le patronyme Boughaba signifie en arabe « celui qui possède la forêt »).

« Parti en quête des oliviers de mon grand-père Abdeslam, que je m’étais mis en tête de racheter, j’ai découvert par hasard la beauté des jardins d’agrumes. » Initié, entretemps, à l’immense diversité des agrumes par son ami Pascal Barbot, le chef du restaurant parisien Astrance, il plonge dans l’aventure « en achetant 100 hectares de terre » à M’Kansa, au bord du fleuve Sebou, où il plante « 100 000 arbres ».

Laurent Boughaba, dans sa boutique L'Agrumiste, rue de Sèvres, à Paris, en 2021.

Sa fascination pour l’agrume va crescendo. Laurent découvre en cheminant, en écoutant et en lisant, que les agrumes racontent cinq mille ans d’histoire et de travail des hommes sur toute la planète. « Notre sensibilité d’aujourd’hui est connectée à des humains qui ont vécu il y a plusieurs milliers d’années. C’est vertigineux ! » Autre découverte qui conforte son choix d’avoir installé son verger sur ce terroir extrêmement propice à l’épanouissement des agrumes : le jardin des Hespérides de la mythologie grecque, où poussaient les fameuses pommes d’or (des oranges probablement), a été localisé à Lixus, c’est-à-dire à quelques kilomètres seulement de sa ferme.

Mandarine de Chine, citron Meyer, lime de Tahiti, citron bergamote, citron caviar, sudachi du Japon…

Loin de lui l’envie de monopoliser toutes ces merveilles. Chaque année, au moment de la floraison des arbres, il a pris l’habitude de délocaliser les réunions et de transporter une vingtaine de cadres de sa société de Montrouge jusqu’à Fès, au beau milieu de ces arômes envoûtants. « Il faut le vivre au moins une fois dans sa vie. Au milieu des effluves de yuzu, de mandarine et d’orange mélangés, le corps et l’esprit sont littéralement saturés de bonheur ! »

A la façon d’un conservatoire consacré au grand public, Laurent a voulu ouvrir L’Agrumiste, une petite boutique de la rive gauche. C’est Ali, son fils cadet, qui a trouvé spontanément le nom en tentant de décrire le métier bizarre de son père à un copain : « Papa est agrumiste ! » Ce lieu, situé à deux pas du grand magasin Le Bon Marché, lui permet d’apporter jusqu’au cœur de la capitale le goût de ces agrumes presque tous nés au pied de l’Himalaya (seul le citron est originaire de Méditerranée). Sur quelques mètres carrés, il commercialise exclusivement des agrumes, au poids, au détail, sous la forme de fruits frais, bien sûr, mais aussi en marmelade, en sirop, en cake, avec une exigence en plus de celle du goût : toujours rester en harmonie avec la saison.

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